Les chiffres sont têtus. Même si la Sécurité sociale va mieux, le trou n'a pas disparu contrairement aux promesses tonitruantes de Marisol Touraine en 2016. Le déficit du régime général et du fonds de solidarité vieillesse (FSV) s'est établi à 5,1 milliards d'euros l'an dernier contre 7,8 milliards en 2016, une amélioration de 2,7 milliards d'euros.
Même si l'équilibre financier n'est pas atteint, Bercy et le ministère de la Santé saluent le « plus faible déficit enregistré sur les 15 dernières années ».

Pour expliquer ces « bons résultats », le gouvernement évoque un surcroît de recettes (+1,2 milliard d'euros) grâce à la croissance de la masse salariale « supérieure aux prévisions » (3,5 % au lieu de 3,3 % attendus en loi de financement) ainsi qu'une « maîtrise d'ensemble des dépenses ».
En 2017, la quasi-totalité des branches de la Sécu affichent des résultats meilleurs qu'en 2016 : un excédent de 1,8 milliard d'euros pour l'assurance vieillesse (en amélioration de 900 millions), de 1,1 milliard pour la branche AT-MP et un solde « proche de l'équilibre » (-0,2 milliard) pour les allocations familiales. Même le Fonds de solidarité vieillesse (FSV), traditionnellement déficitaire, réduit sa perte de 3,6 à 2,9 milliards...
Bémol de taille : la branche maladie voit son déficit se creuser passant de 4,8 à 4,9 milliards d'euros. Le gouvernement parle plutôt de « stabilisation » avec des dépenses maladie contenues en 2017 (+2,2 %) et une situation marquée par la perte de produits de TVA (versement à l'ACOSS de ressources de TVA antérieurement affectées à la CNAM).
Le gouvernement envisage désormais un retour à l'équilibre des comptes de la Sécu « dans un avenir proche ». Sans doute l'occasion d'un nouveau cocorico.
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