Espérance de vie en bonne santé : ce que cachent les chiffres

Par Damien Coulomb
Publié le 08/10/2019
- Mis à jour le 08/10/2019

Crédit photo : Phanie

En 2018, l'espérance de vie sans incapacité ou espérance de vie en bonne santé était de 64,5 ans pour les femmes et de 63,4 ans pour les hommes, selon des chiffres publiés par la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES). Par rapport à 2017, les femmes auraient donc perdu 5 mois d'espérance de vie sans incapacité et les hommes gagné 10 mois. Comment ces chiffres sont-ils obtenus ?

Un marqueur qui reste subjectif

L'espérance de vie sans incapacité est définie par la DREES comme « le nombre d'années que peut espérer vivre une personne sans être limitée dans ses activités quotidiennes ». La manière de mesurer cette durée se fonde en partie sur un questionnaire adressé à 14 000 ménages dans le cadre de l'enquête CARE-M sur les conditions de vie des personnes âgées.

Au cours de cette dernière, 15 questions très précises sont posées, telles que « avez-vous des difficultés pour vous lever ou vous coucher seul ? Avez-vous des difficultés pour faire des démarches administratives courantes ? », etc. Pour mesurer l'espérance de vie en bonne santé, les auteurs de la DRESS utilisent une question en particulier, générique et synthétique, issue du dispositif européen European Union Statistics on Income and Living Condition (UE-SILC) : « Êtes-vous limité(e) depuis au moins six mois, à cause d'un problème de santé, dans les activités que les gens font habituellement. »

Une « précision moindre »

Ce choix introduit une part de subjectivité que reconnaissent les statisticiens de la DREES. « L'indicateur de l'espérance de vie sans incapacité, croisé avec celui de l'espérance de vie à la naissance permet de mieux apprécier le bénéfice de ces années de vie supplémentaire, même si sa précision est moindre, de fait de l'utilisation d'enquêtes. » Ils précisent aussi que leurs données doivent être maniées « avec précautions », compte tenu de la « taille de l'échantillon ».


Source : lequotidiendumedecin.fr